Logo ENAP
Connexion

Plan de développement

Structuration et objectifs

Structuration de la recherche 

Dans le cadre de ce Plan de développement de la recherche, nous considérerons que le vaste champ de l’administration publique, en tant qu’objet d’étude, comprend deux thèmes principaux, soit :

  • la théorie et le management des organisations publiques ;
  • et l’analyse des politiques publiques.

Les enseignements prodigués à l’École, y compris les concentrations au programme de doctorat, sont structurés autour de ces deux principaux thèmes. Sont ensuite rattachés à ces thèmes, et y puisant d’ailleurs souvent conjointement, plusieurs secteurs caractérisés par un environnement paradigmatique commun (par exemple : la santé, l’international, la gouvernance, les ressources humaines, les politiques sociales, etc.), certains d’entre eux pouvant se situer en intersection (par exemple : la gestion de la santé et les approches comparatives internationales).

Ceci étant posé, l’ENAP souhaite réitérer l’importance qu’elle accorde à l’apport fondamental des chercheurs émergents, ainsi qu’à la contribution déterminante des chercheurs travaillant en réseau et de l’activité de recherche effectuée sur ce mode, et ce, tant au Québec qu’au Canada et à l’étranger (collaborations multicentriques et en partenariat). L’ENAP reconnaît l’importance que représentent ces réseaux en tant que vecteurs d’enrichissement de la recherche. C’est particulièrement à ce niveau que l’École peut offrir un appui structurant. Cela explique pourquoi l’ENAP a choisi d’étayer l’effort collectif de recherche en favorisant le développement et la consolidation de pôles et de chaires de recherche.

Déjà forte de ce capital vivant de connaissances, l’ENAP doit aussi être prête à investir des secteurs et des domaines de l’administration publique pour lesquels il existe peu d’expertise ou peu de lieux de convergence naturelle pour les prendre en considération du point de vue scientifique. Ainsi, dans au moins cinq secteurs de l’activité administrative publique, l’ENAP jouit d’un positionnement particulièrement favorable en vue d’enrichir les connaissances que nous en avons et les savoir-faire qui en découlent.

Premièrement, il demeure pertinent de structurer les efforts de recherche déployés par les professeurs de l’ENAP dans le secteur de la santé et des services sociaux. Les tendances montrent que le Canada et le Québec sont toujours des références obligées en matière de recherche sur la gestion de la santé et des services sociaux. Cependant, la recherche menée ailleurs est souvent animée d’un grand dynamisme et bénéficie de moyens importants qui pourraient faire en sorte que les modèles d’innovations sociales les plus audacieux se conçoivent et s’élaborent à l’étranger. Or, l’ENAP est ici en position privilégiée pour contribuer à maintenir le leadership du Canada en gestion de la santé et des services sociaux, car une partie de son corps professoral réalise la majeure partie de sa recherche dans ce secteur.

D’ailleurs, en se penchant sur les enjeux comme sur les politiques et les programmes liés à la gestion et à la pratique de l’intervention sociale dans les organismes œuvrant auprès des enfants, des jeunes adultes, des familles, des personnes aînée ou encore des communautés autochtones, les politiques sociales se révèlent maintenant de manière spécifique comme un champ de recherche incontournable, d’ailleurs de plus en plus présent autant à l’échelle nationale qu’internationale. Il serait donc souhaitable et profitable que soit développée à l’ENAP une chaire privée de recherche portant sur les populations vulnérables.

Deuxièmement, avec les défis actuels et futurs posés par une diminution des ressources dans les services collectifs, le secteur de recherche portant sur le leadership dans les organisations publiques voit désormais son importance décuplée, et ce, partout dans le monde. À cet égard, la Chaire La Capital en leadership, qui a pour mission de contribuer au développement des connaissances et des pratiques en la matière, pilote également un programme de formation de la relève dans la fonction publique (le Cercle des jeunes leaders).Ce projet permet à cette chaire de développer, voire de consolider ses activités de recherche dans ce domaine, tout en réalisant de manière tangible un transfert de connaissances scientifiques vers les milieux de pratique.

Troisièmement, l’ENAP est un centre d’expertise au Canada dans le domaine de l’évaluation de politiques et de programmes publics. Le Centre de recherche et d’expertise en évaluation (CREXE) est un pôle de recherche de l’École nationale d’administration publique (ENAP). Il est entièrement voué à la recherche et à l’expertise en évaluation. L’évaluation de programmes à l’ENAP touche aux thèmes les plus divers : législation, éducation, environnement, communautés autochtones, aînés, infrastructures, urbanisme, santé publique etc. Par ailleurs, en lien avec les besoins de l’heure en administration publique, la mesure de la performance des organisations publiques prend une place grandissante dans les activités du CREXE. Un volume important de recherche contractuelle donnant également lieu à des productions scientifiques se réalise sous l’égide du CREXE. Se situant à la jonction de la recherche appliquée, d’une réponse à des besoins de la société et d’une grande diversité d’apports disciplinaires et méthodologiques, l’évaluation de politiques et de programmes publics est appelée à prendre de l’expansion dans les prochaines années.

Quatrièmement, bien qu’elles fassent référence à un très large éventail de dimensions, les questions relatives au secteur de l’international évoluent constamment et prennent les formes les plus diverses en matière de recherche en administration publique. Quelques chercheurs de l’ENAP se penchent plus particulièrement sur les enjeux stratégiques qui affectent les administrations publiques d’ici et d’ailleurs (fédérale, provinciales, municipales, agences publiques et sociétés d’État). L’ENAP est déjà présente dans certains domaines que l’on pourrait considérer comme étant établis de plus longue date, telle la gestion internationale. Cependant, l’École est aussi avantageusement positionnée pour développer à l’avenir des créneaux de recherche qui correspondent aux enjeux de l’heure en administration publique internationale: accords de libre échange, politiques de paix et de sécurité notamment, les questions liées à la sécurité dans l’Arctique, politiques de défense, paradiplomatie, gestion des crises humanitaires, analyse de politique étrangère, impact de la mondialisation et des normes internationales sur les politiques publiques, etc.

Cinquièmement, la gouvernance, sous toutes ses formes, est au centre de préoccupations récentes des gouvernements dans le monde. En partant des questions d’organisation de la gouvernance jusqu’à celles traitant d’éthique, voire de lutte à la corruption, plusieurs interrogations subsistent et les besoins de connaissances sur une base scientifique sont pressants. Il importe également que la production de connaissances qui en résultera soit mise en rapport avec celles plus spécifiques aux réseaux (santé et affaires sociales, éducation, municipal), de manière à ce que chacun de ces secteurs de l’administration publique tire profit des recherches sur la gouvernance menées dans les autres secteurs. L’ENAP représente le lieu idéal pour matérialiser de telles recherches et de tels transferts. Le Centre d’étude sur la gouvernance contribue déjà à de tels types de travaux qui reposent tout naturellement sur le croisement de différents objets de recherche et sur une collaboration interdisciplinaire aussi bien entre les professeurs de l’ENAP qu’avec des partenaires externes.

Finalement, une ouverture doit être possible pour des avancées de recherche dans les domaines émergents ou en perpétuelle évolution que sont le management public dans ses dimensions novatrices, la gestion axée sur les résultats, l’administration locale et la décentralisation, la discrimination sociale (genre, orientation sexuelle et immigration), l’éducation (milieux inuits et autochtones), la gestion de crises, la police de proximité, les finances publiques, la gouvernance numérique, le big data, etc. Forte de son positionnement favorable dans au moins cinq secteurs, l’École nationale d’administration publique souhaite donc aussi encourager de nouveaux projets de recherche qui reposent sur des initiatives individuelles de professeurs ou sur la formation de regroupements qui restent moins formalisés.

Ces efforts pour le développement, à l’ENAP, d’un environnement de la recherche toujours plus propice et efficient sont nécessaires pour enrichir la diversité et la qualité de la recherche, autant à titre de propositions principalement destinées au seul territoire intellectuel qu’à titre de recommandations pour l’amélioration de la pratique de l’administration publique. Voilà pourquoi il faut, comme institution, savoir saisir toutes les occasions pertinentes qui puissent permettre d’appuyer les chercheurs émergents, d’explorer les secteurs innovants et de favoriser les collaborations internationales.Ces efforts pour le développement, à l’ENAP, d’un environnement de la recherche toujours plus propice et efficient sont nécessaires pour enrichir la diversité et la qualité de la recherche, autant à titre de propositions principalement destinées au seul territoire intellectuel qu’à titre de recommandations pour l’amélioration de la pratique de l’administration publique. Voilà pourquoi il faut, comme institution, savoir saisir toutes les occasions pertinentes qui puissent permettre d’appuyer les chercheurs émergents, d’explorer les secteurs innovants et de favoriser les collaborations internationales.

Objectifs

Le plan de développement de la recherche 2014-2018 vise globalement à faire de l'ENAP une institution capable et en mesure d'assurer "un leadership en recherche et en valorisation des produits de la recherche en administration publique", grâce à la consolidation d’avancées réalisées au cours des dernières années et qui atteignent maintenant une masse critique. Les objectifs du plan se déclinent donc ainsi :

Objectifs généraux

  • Consolider les progrès et avancées récentes du développement de la recherche;
  • Valoriser et diffuser les activités et les produits de la recherche.

Objectifs spécifiques et cibles

  • Développer davantage le soutien à la recherche en mettant en place les ressources professionnelles conséquentes ;
  • Réussir aux concours subventionnaires de recherche avec des résultats plaçant l’École parmi les leaders dans le domaine ;
  • Accentuer la croissance de la recherche soutenue par les organismes de subvention;
  • Maintenir à plus de 50%, la proportion des professeurs qui bénéficient d’un appui externe à la recherche ;
  • Doter l’École de deux nouvelles chaires de recherche à financement privé ;
  • Maintenir à plus de 50%, la proportion de professeurs qui publient dans les revues avec comité de pairs ;
  • Améliorer l’encadrement et l’accompagnement des étudiants chercheurs, et favoriser l’arrimage des projets de recherche des étudiants avec ceux des professeurs et des groupes de recherche de l’École ;
  • Augmenter le nombre d’étudiants chercheurs, notamment au deuxième cycle ;
  • Accroître la participation des chercheurs à des activités de mobilisation des connaissances et de diffusion de la recherche dans des forums de milieux de pratique.

L’atteinte de ces objectifs spécifiques sera mesurée à l’aide des indicateurs conventionnels de la recherche : déclarations des fonds de recherche obtenus, données bibliométriques, évaluation des ressources humaines, rapport d’activités, etc. Ces données seront parties intégrantes de la reddition de comptes annuelle et, lorsque cela s’avère opportun, des mises à jour périodiques (rapport d’avancement du Plan d’action annuel) que la direction de l’université présente à son Conseil d’administration.